Pralognan - Petit Mont Blanc

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Pralognan - Petit Mont Blanc

Message  nrfb le Lun 12 Sep - 18:54

Date: 25 août 2016
Carte IGN: 3534OT (Les Trois Vallées / Modane)
Niveau: marche un peu longue, pas de difficulté majeure.
Dénivelé et distance: 1100 m pour 12 km
Temps:  5 h environ (pause comprise, et avec marche assez rapide)


Le parcours (image Google Earth, tracé emprunté, profil de l’ascension et principaux points de repère).

J’ai eu des problèmes de GPS : le tracé de descente a été intégralement effacé. J’ai donc repris un tracé approximatif, mais le chemin est bien marqué : on ne peut se perdre. De ce fait, seul le profil de montée s’affiche (il serait symétrique à la descente, mis à part la remontée d’une centaine de mètres entre le pont de Gerlon et les Prioux (GR55).

Nous voilà partis à l’ascension du petit Mont Blanc, sommet constitué de gypses triasiques blancs, ce qui lui a naturellement donné son nom ! Bien évidemment, son altitude est sans commune mesure avec celle du Mont Blanc : 2680 m contre 4810 m. Mais bon, on peut quand même se vanter d’avoir gravi le Mont Blanc !

Pour aller au sommet du Petit Mont Blanc, il faut se garer à proximité du hameau des Prioux sur la route du vallon de Chavière (présence d’un parking le long de la route qui conduit au Pont de la Pêche, celui situé sur l’autre rive étant normalement réservé au stationnement de courte durée). Le chemin commence peu après la traversée des Prioux, hameau très touristique mais encore calme lorsque nous y sommes passés le matin.
Dès le hameau passé, c’est-à-dire le GR55 quitté, le chemin monte sur les flancs du Petit Mont Blanc. Il faut faire attention car l’exposition plein Est fait qu’il fait très chaud dès le matin. Le chemin est en pente régulière tout le long de l’ascension (si bien qu’il n’est pas très difficile), serpente sur les flancs de la montagne, et est très agréable. Seule, la traversée du ruisseau des Prioux (complètement à sec à cette période de l’année mais qui érode beaucoup son lit lors de la fonte des neiges) nécessite un peu plus d’attention (le chemin a dû être retracé).

Départ du hameau des Prioux.

Notre objectif : gravir ces pentes bien blanches, constituées de gypse d’âge triasique, parfois bien raviné comme sur la droite !

Le chemin serpente agréablement sur les pentes du Petit Mont Blanc. L’exposition Est fait rapidement monter la température le matin.

On s’élève progressivement au-dessus du vallon de Chavière. On voit très légèrement le sommet de la Pointe de l’Echelle (3422 m) dans le fond juste à gauche du triangle dont la face visible est dans l’ombre, et qui est la Pointe de l’Observatoire (3016 m, plus en avant). Juste en avant ce triangle à l’ombre, le triangle en plein soleil est la Pointe de Rosoire (2776 m).

En s’élevant, le bassin de Pralognan apparaît progressivement. Au fond, l’on retrouve de gauche à droite : Pointe de Méribel (2830 m) et Pointe de la Vuzelle (2573 m) en avant-plan, le Grand Bec (3399 m) et la Pointe de Leschaux (2653 m) en avant-plan, Pointe du Vallonnet (3371 m) et Pointe du Creux Noir (sommet plus arrondi, 3153 m) avec l’Aiguille du Bochor (2885 m) plus en avant plan, et tout à droite, la Pointe de la Grande Glière (3392 m).

Une végétation caractéristique d’un sol où l’eau ne s’écoule pas en surface. Je pense (mais c’est à vérifier) qu’on distingue des pins à crochets, qui affectionnent particulièrement ce genre de sols.

On voit maintenant une grande partie du vallon de Chavière. A gauche de la photo (arrondi à droite des sortes de « dents ») la Tête d’Aussois (3126 m), puis Pointe de l’Echelle, Pointe de Rosoire (en avant), Pointe de l’Observatoire et col de Chavière (2796 m) au loin.

La pente gravie est régulière. Nous sommes maintenant dans la pelouse alpine, mais encore loin du sommet du Petit Mont Blanc (non visible ici).

L’enchaînement Grand Bec, Pointe du Vallonnet, Pointe du Creux Noir, Pointe des Volnets (3248 m), Pointe de la Grande Glière, ainsi que celle de la Petite Glière (3322 m) puis le début de l’Epéna (Pointes de l’Epéna, 3348 m pour la plus haute). A l’extrême gauche, dans le fond de vallée on distingue un bout du Sommet de Bellecôte (3417 m) puis de Becca Motta (3042 m), Bellecôte étant situé deux fois plus loin.

Ca monte toujours, et comme vous pouvez le voir, nous ne sommes pas encore arrivés.

Cette fois-ci c’est au tour de la Grande Casse (3855 m) d’apparaître. On voit également l’Aiguille de la Vanoise (2797 m) à sa gauche.

Nous sommes en vue du col du Mône (ici tout au fond, 2583 m).

Et des glaciers de la Vanoise. A gauche, la Pointe du Dard (3204 m), un glacier, la Pointe Ouest du Mont Pelve (3254 m), une zone rocheuse, un vaste glacier (glaciers de la Vanoise), le Dôme des Nants (3553 m) caché derrière la bosse la plus haute, le Dôme de l’Arpont (3601 m) et le Dôme Nord du Génépy (3577 m) à l’extrême droite de la photo.
En avant de tout cela, juste à gauche du torrent, le Pic de la Vieille Femme (2739 m).


Le col. En face à gauche, bien dénudé, le Roc Merlet (2734 m), le sommet double au fond est la Croix de Verdon (ou Dent de Burgin, 2739 m), plus proche encore à droite, la Crête du Plan Mugnier, puis le Rocher de la Loze (2526 m, en continuité de la Croix de Verdon). Ensuite, les sommets sont beaucoup plus lointains : on trouve notamment Petit (2365 m) et Grand Arc (2484 m), Mont Bellacha en avant (2484 m) la Tournette (2351 m, proche du lac d’Annecy ) qui sont des sommets situés entre 45 et 60 km de distance. Potentiellement, avec un ciel plus limpide, on pourrait voir jusqu’au Crêt de la Neige qui est, je le rappelle, le sommet du Jura (120 km, 1720 m).

Et ce qu’il nous reste à gravir.

Le Petit Mont Blanc ressemble à une bosse d’aspect lunaire : il n’y a vraiment pas beaucoup de végétation au sommet. Lorsque nous sommes dessus, on peut constater la présence de multiples dolines (entonnoirs de dissolution) suite à la dissolution du gypse par l’eau. De ce fait, aucun cours d’eau ne s’écoule en surface. Par ailleurs, comme vous pourrez le voir sur les photos, ces flancs sont fortement ravinés.

Pour les géologues, le Petit Mont Blanc est pincé entre les formations du Roc de la Pêche situé plus au sud, et qui est constitué de trias carbonaté, et le Rocher de Plassa plus au Nord.

Gypse et cargneules affleurent.

C’est partie pour un 360° en plusieurs morceaux ! Vue du sommet : entre Mont Blanc et Grande Casse.
Au fond, l’on retrouve de gauche à droite : Mont Blanc (4810 m), fragment des Grandes Jorasses, Pointe de Méribel, Sommet de Bellecôte, et Pointe de la Vuzelle en avant-plan, le Grand Bec et la Pointe de Leschaux (2653 m) en avant-plan, Pointe du Vallonnet et Pointe du Creux Noir avec l’Aiguille du Bochor plus en avant, et tout à droite, la Pointe de la Grande Glière, la Pointe de la Petite Glière, l ‘Aiguille de l’Epéna (3421 m), la Grande Casse avec l’Aiguille de la Vanoise en avant-plan, le Grand Marchet (2551 m) à droite. La liste n’est pas exhaustive.


Glaciers de la Vanoise.
A gauche, la Pointe du Dard, un glacier, la Pointe Ouest du Mont Pelve, une zone rocheuse, un vaste glacier, puis le Dôme des Nants.
En avant de tout cela, toujours le Pic de la Vieille Femme.


On repart sur le Dôme des Nants, le Dôme de l’Arpont, les Dômes Nord et Sud du Génépy, la Pointe du Génépy (3544 m), la Pointe de Labby (3518 m), Roche Chevrière (3276 m), Pointe Chevrière (3053 m), Tête d’Aussois, et tout à droite, Pointe de l’Echelle.

La Pointe de l’Echelle, le col de Chavière, Roche Nue (2981 m), le Roc du Montet devant nous, l’Aiguille de Chanrossa derrière, l’Aiguille de Peclet (2562 m) avec les névés, l’Aiguille du Rateau (2890 m) et les Aiguilles du Borgne à droite (3135 m).

Image qui chevauche en partie la précédente, et qui présente des sommets bien connus pour ceux qui fréquent les 3 Vallées. J’ajoute la double bosse est le Mont du Vallon (2949 m) avec à droite en avant-plan la Grosse Tête (2728m), l’Aiguille du Fruit (3048 m) en partie coupée, à droite.

L’Aiguille du Fruit, la Pointe de la Grande Combe, le Roc Merlet, le Sommet de la Saulire (2740 m), la Croix de Verdon (double bosse), Rocher de la Loze, le Mont Bellacha au loin. Liste là aussi non exhaustive.

Là, on voit très loin. Sans rentrer dans le détail, on part du Mont Bellacha, on passe par les sommets jurassiens dans la brumasse, La Tournette, l’Etale, Tête Pelouse et devant nous, des gens, mais surtout le Rocher de Plassa et les Dents de la Portetta (cachées) et ensuite… le Mont blanc. Le 360° est donc bouclé !

La Grande Casse avec ses belles moraines latérales sous le glacier des grands couloir, témoignant d’une intense érosion lorsque le glacier arrivait jusque-là (mais ça, c’était avant).

Pour la descente, nous décidons d’emprunter le chemin qui part vers le Nord, en direction du col des Saulces (nous passerons d’ailleurs au col inférieur des Saulces). Le chemin descend abruptement au début… en fait non, il descend abruptement jusqu’en bas ! Si bien que je déconseille la montée par ce versant du Petit Mont Blanc : il vaut mieux le réserver pour la descente. Je plains d’ailleurs les gens que nous avons rencontrés au début de la descente s’ils sont venus depuis le bas. En tout cas, ils semblaient souffrir.

Pralognan tout en bas alors que nous sommes en cours de descente. La végétation est très rare sur les gypses.

Le Petit Mont Blanc déjà bien au-dessus de nous alors que nous avons déjà passé le col inférieur des Saulces (2371 m). La descente est rude de ce côté.

Quelques dolines sympathiques.

Un chemin agréable.

Arche et doline bien mieux en vrai. Il y avait un névé bien protégé tout en bas !

C’est bien raviné de près !



En cours de descente. Le petit lac n’a pas de nom sur la carte IGN (aux alentours des Saulces). Par contre, on devine bien les entonnoirs de dissolution dans l’herbe.

En cours de descente. C’est le ravin de Letchu que nous longeons.

Toujours plus bas. On voit bien le profil du Grand Marchet sur la droite.

Sous les Saulces, alors que nous passons dans une vaste pente d’herbe, nous découvrons une station à chardon bleu (dommage que le panneau soit situé après les plants…). Le chardon bleu, actuellement en régression, est sur la liste rouge de la flore menacée de France (espèce quasi-menacée). Le chardon bleu fait partie de la famille des Apiacées, et non de celle des Astéracées (comme le plus souvent).

Station à chardon bleu des Alpes (Eryngium alpinum, Apiacées).. Photo prise le 26 août 2016 au Mont Bochor.

La toute fin du parcours se déroule ensuite dans les bois, jusqu’au pont de Gerlon. Une fois arrivés au pont de Gerlon, il ne nous reste plus qu’à regagner les Prioux par le GR 55 (après quelques mètres de route). Dommage qu’il faille remonter d’une centaine de mètres, le tout sour une chaleur accablante !

N. Bouchaud - Septembre 2016. Toutes les photos ont été prises le 25 août 2016 (sauf mention contraire pour une photographie). Certaines ont fait l’objet de retouche suite à des taches apparaissant dans le ciel lors des prises de vue à contre-jour. Photographies libres de droit, à condition d'en mentionner l'auteur.

Bibliographie :
Carte géologique de Tignes et de Moûtiers (BRGM)

Sitographie:
- Géoportail
- Alpenpanoramen erzeugen
- Geol-Alp
- Site de Pralognan-la-Vanoise
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